Je viens de me rendre compte que ce blog étant peut etre un peu trop énigmatique et que du coup j’avais juste oublié de vous expliquer le pourquoi du comment.
Toutes les lettres publiées dans ces quelques pages l’ont été sur papier et ont été envoyé a leur destinataire « pour de vrai ». Ce blog n’est que la retranscription virtuel de tout ce que je fais en réel, en épistolaire.
Si les réponses viennent, elles seront aussi publiées.
Voila…je peux le redire maintenant:
je m’appelle L…., j’ai 24 ans, et pourquoi pas?
Oubli
Delphine 30/10/07
Bonjour Delphine,
Il parait que nous sommes dans une ére post-télévisuelle dans laquelle les anonymes ont tout autant de poids que les célébrités. Je dois alors faire pleinement partie de cette mouvance…la preuve: je vous écris aujourd’hui.
Nous ne nous connaissons pas, nous ne nous sommes jamais rencontrés, mais je vous ai vu par hasard aujourd’hui dans l’émission de Nagui a laquelle vous avez participé.
Alors à ce moment précis, soit vous abandonnez la lecture de cette lettre ( ça va les pervers, j’ai donné) soit vous vous laissez happer par la curiosité en espérant trouver dans cette lettre quelquechose d’un peu différent…personnellement, je vous conseille la 2ème option…après je dis ça, je dis rien.
En tout cas, vous avez été, et de loin, la personne la plus fraîche, la plus rayonnante et agréable qu’il m’ait été donné de voir depuis longtemps.
C’est pour cela que je me trouve aujourd’hui dans la position un peu ridicule pour moi (et je l’espère pas trop génante pour vous) de correspondant anonyme.
Je m’appelle Lucas, j’ai 24 ans, je travaille dans l’audiovisuel et j’aimerai vous rencontrer.
NON! ne déchirez pas cette lettre (elle vous fera rire quand vous la regarderez plus tard). Je suis tout à fait conscient de ce que je vous demande.
Vous imaginez, je le sais, déjà le rendez-vous raté, vous radieuse, et moi, terne, ennuyeux, pas du tout comme ce que la lettre ne laissait augurer, et aussi, un petit bête sur les bords…
…oui, peut-être…
…Mais peut être pas après tout.
J’ai en tout cas très envie d’en savoir un peu plus sur vous, qui vous êtes et ce que vous faîtes lorsque vous ne creusez pas des trous dans votre mur avec des punaises.
Donc, ce que je vais faire, c’est vous laisser mon adresse email; vous en faîtes bien évidemment ce que vous voulez. Et puis, en fin de compte, quoique vous décidiez, ca fera toujours une drôle de lettre à montrer aux gens autour de vous.
J’espère que cette lettre vous arrivera et qu’elle ne vous aura pas trop ennuyée.
l…
Mr Bellatar 29/10/07
Mr Bellatar
Il est de ces soirs ou l’on rentre chez soi le cœur gai, avec au fond de l’âme le sentiment du devoir accompli. Le devoir, ce mercredi 26 octobre était égoïstement de se sentir bien.
En sortant de votre soirée Cécilia mercredi soir au Réservoir, j’ai eu le sentiment trop rare d’être en total harmonie avec le monde qui m’entourait, de vivre un « carpe diem » jouissif, de se rendre compte que « la vie c’est gratuit » et qu’on peut aller se resservir.
Cette communion, je vous la dois Mr Bellatar.
Je vous suis déjà depuis quelques temps maintenant ; et je pense que c’est sur scène, dans ce rôle d’ambianceur social que vous prenez toute votre dimension, toute votre densité.
Vous extrayez de la moëlle humaine ce qu’il y a de plus simple et de plus vrai : la générosité, l’altruisme, la bonne humeur. Vous avez l’apanage de ceux dont l’ambition n’est pas personnelle mais belle et bien collective, de ceux qui se définissent « grâce », de ceux qui sont toujours « pour ».
Je n’ai pas souvent pris la plume pour écrire comme ceci, dans ce mélange, un peu ridicule, d’admirateur/ artiste. Je le fais aujourd’hui parce que ce 26 octobre au Réservoir, Mr Bellatar, vous m’avez donné ma plus grande leçon d’humanité.
Merci
l….
mademoiselle maya 22/10/07
Mademoiselle Maya
Je ne sais pas pourquoi mais je trouve que ca vous va bien, mademoiselle Maya. Ya une fraicheur, une légèreté, une authenticité, …que dis-je une péninsule…
Et pas la peine de me dire que vous êtes madame Maya, cela ne sonnera pas aussi bien, pour moi vous resterez une éternelle célibataire pour des raisons évidentes d’esthétique sonore.
Bref venons en au corps de cette lettre.
Je m’appelle l…., j’ai 24 ans et nous ne nous connaissons pas.
2 raisons me poussent à vous écrire aujourd’hui:
- Le souvenir d’ avoir eu envie de vous écrire cette été lorsque je vous ai entendu sur France inter faire une chronique matinale dans l’émission cha, cha, tchatche, souvenir qui m’est revenu tout à l’heure.
- Mon premier jour au Celsa…Je m’explique
Après moultes divagations sentimentales et professionnelles, je me retrouve ce matin assis de la manière la plus quelconque comme une étudiant les plus quelconques à écouter des tergiversations on en peut moins quelconques de mon professeur au sujet de « Loft Story » cuvée 2001.
Son phrasé était parfait, son élocution riche, une présence solide. Et pourtant il manquait un truc, une fraicheur et un grain de folie. Et là, témoin de mon manque d’attention pour un premier jour de classe, la salle s’est transformée en plateau d’arrêt sur images, ma prof en Schneidermann et vous…vous n’étiez pas là.
Et ça, ça faisait grandement défaut.
Lorsque je suivais vos reportages et interventions dans l’émission, je me suis toujours senti proche de vous, de votre manière d’être, de votre naturel sourire qui masquait une légitime envie de reconnaissance.
Mademoiselle Maya, vous êtes devenu une sorte d’icône audiovisuelle pour moi.
Votre visage intriguant et votre intelligence plus que redoutable me manquaient peut être même plus que l’émission en elle-même.
J’assume le cote « fan » de cette lettre (et donc un peu ridicule), je cherche juste a vous exprimer ma gratitude et mon profond respect parce que pour la première fois j’avais l’impression à la télévision de voir quelqu’un qui défendait les mêmes valeurs que moi.
Chapeau bas, mademoiselle Maya.
l….
carole 10/10/07
Ca doit faire à peu pres un mois que tu es parti.
Alors? Alors?
t’as grossi? tu t’es embellie? Ca donne quoi les états unis?
Mes premiers 30 jours à moi (et tu sais que tu auras droit à ces comparaisons à la con jusqu’à ton retour)…je disais donc, avant que les parenthèses ne m’interrompent, mes premiers 30 jours à moi étaient surement très différents des tiens. ils ont marqué une vraie rupture, une immense évolution dans ma maniere de percevoir les autres et moi-même.
beaucoup de maturation dans un laps de temps très court…un peu comme…attends je cherche une métaphore qui ferait class… un peu comme… un gamin qui apprendrait le même jour que le père noel n’existe pas et que le premiers tiers prévisionnel des impots est dû début mars.
Le choc quoi!
Bref, j’espere que tu kiffes.
Perso, je suis rentré au Celsa depuis maintenant un bon mois; ça va, ambiance assez cool en fait, contrairement à ce que je redoutais. le rythme lui aussi est assez cool, contrairement, par contre, à ce que je ne redoutais pas. Dernière année, derniers moments de déconne en groupe, je ne suis plus aussi insouciant,mais je cultive son germe, histoire de pouvoir dormir la nuit.
Déçu aussi que tu n’ais jamais reçu cette lettre que j’avais envoyé chez ta copine quand tu étais sur Paris pour ton stage cet été. je l’avais bossé, une vraie métaphore filée de ouf sur un matelas Dunlopillo; presque du Céline, j’ai envie de dire.
Et de me rendre compte que tu ne l’avais pas reçu, ça m’a… comment dire… attends une métaphore encore…ça m’a…blessé comme si on tordait avec une pince mes tétons et qu’ils étaient sur mes fesses…tu ressends le truc là?
Quoiqu’il en soit, je suis un peu faché aussi; j’ai pas trop de nouvelles. je sais que tu n’as jamais été très communicante ni très « j’entretiens le contact » mais bon quand même…fais chier.
Souviens-toi, j’ai de mauvaises expériences avec les filles autour de moi qui partent à l’étranger, généralement ça ne se passe pas bien.
Hier au soir, je suis allé voir, « Monkey journey to the west », et le 23 je suis au concert de Hocus Pocus a la cigale. Mais au final, que sont ces évènements comparés à la grandeur des tiens, face à leur immensité Américaine…
tu vois, ça me donne envie de te dire…attends, toujours cette recherche du parallèle…de te dire…Ah oui…
…tu me manques.
L….
Introduction
Oui, je m’appelle L…., j’ai 24 ans, et pourquoi pas?
Voici ma vie, voici mes lettres, les inconnus c’est vous…
Bienvenus chez moi.